Avec les bêtes – 15

23 avril 2018

Ces crapauds que je découvre en ratissant le paillage de foin d’une faïsse de culture. Ces crapauds, blottis contre la terre humide, que je dérange, mais que cette fois-ci je n’ai pas occis. Ces crapauds, que je ne peux m’empêcher de prendre dans mes mains, sachant pourtant bien la dose de stress que ça leur procure (le liquide dont ils m’inondent alors parfois les doigts en témoigne). Ces crapauds dont je ne me lasse pas d’admirer les yeux de topaze, comme le dit si bien la chanson qui leur est dédiée. Ces crapauds et leurs petits doigts qui s’agrippent, ils me font penser à des nouveaux-nés humains, ils m’émeuvent autant que peut le faire un bébé tout frais et totalement vulnérable. Sans doute même plus, ma sympathie à leur égard n’étant pour le coup parasitée par aucune injonction sociétale de type « les batraciens tu chériras, devant eux tu fondras et gagatouilleras, sinon, gare à toi, un paria tu deviendras ! »