Avec les bêtes – 7

9 juillet 2107

Voici comment je m’amuse à reconstituer les choses : sous ma tente, dans les jardins, où je passe mes nuits depuis huit ou dix jours, je ronfle, bouge dans mon sommeil, parle peut-être. Et le sanglier, qui passe de l’autre côté de la clôture à la recherche d’une brèche, l’entend. Comme à son habitude lorsqu’il se sent découvert, il grogne… et me réveille en sursaut. Ça me fait bouger, et le bruit, qui achève d’inquiéter la bête, la fait fuir. Elle me laisse le cœur battant la chamade, l’échine à peine remise du gros frisson qui l’a parcourue, l’oreille aux aguets quelques minutes pour m’assurer que c’est bien le bruit de sa fuite qui est parvenu à mon ouïe. Je peux éventuellement sortir pour m’en assurer aussi avec les yeux, et accessoirement en profiter pour pisser un coup. Et le manège pourra être renouvelé l’une ou l’autre nuit, à heure non fixe.