Jeune vieux – 1

27 avril 2017

Je mets sur le compte de la fatigue ces fréquents épisodes où un mot m’échappe, où me semble inexprimable clairement une pensée un poil élaborée. Depuis quelque temps, j’ai le sentiment de ne plus progresser intellectuellement (et qu’à peine en terme de savoir-faire et de connaissances, mais ça c’est mon rythme propre qui l’impose). Je me sens vieillir, et la conscience que c’est un sentiment sans doute prématuré n’aide guère à mieux le vivre. Et la conscience que bien que prématuré, c’est sans doute un sentiment partagé par beaucoup à mon âge, paradoxalement, enfonce le clou. Mon sage intérieur exigera du repos et un recentrage sur l’essentiel, mais il se mesurera à la sourde oreille de l’anxieux en moi, incapable de ne pas se disperser entre les diverses auto-missions plus ou moins primordiales, futiles, maladives, utiles, agréables…