À table ! – 3

25 février 2018

Dans les restaurants, en nous le demandant, la plupart du temps, on ne nous demande PAS ce que l’on a pensé de la nourriture. On ne nous demande rien, on ne nous parle même pas en vérité. Simplement, en obéissant à cette convention, on fait son travail. Notre travail en face est de répondre que ça a été, le ton choisi pour le dire nous laissant quelqu’infime latitude pour faire sentir un éventuel mécontentement. Ma compagne – qui est étrangère, nous l’excuserons – n’a pas su se tenir à sa place devant le serveur de l’hôtel impersonnel où nous avons dû (plutôt mal) dîner récemment. Elle a récolté, sous emballage courtois, la justification évasive, hypocrite et agacée qu’elle méritait. Na !

Quand un client qui vient de déguster ma cuisine, revient sur le stand pour me féliciter, personne ne lui a rien demandé. J’ai l’assurance que le compliment est sincère, et il me va droit au cœur. Cela arrive régulièrement, et je dois dire que je savoure la chose à sa juste valeur : tout le monde devrait recevoir des compliments pour le travail qu’il accomplit. Mais dans bien des domaines, on s’imagine je crois qu’un salaire est suffisant. Et si la flatterie ou les courbettes en tout genre sont à éviter, reconnaissons qu’on part de loin au pays des râleurs. Ceux dits fainéants, ceux dits trop exigeants, naviguent d’un rôle à l’autre parfois, et en toute mauvaise foi, au gré des confrontations… Pourtant un sourire ou un merci à-propos sont à même de les transfigurer subitement, j’en fais parfois l’expérience dans les commerces ou ailleurs.