Avec les bêtes – 9

15 juillet 2017

Moi qui adore les araignées, j’ai découvert que ça ne m’autorise pas à trop les ennuyer. Moi qui me moquais gentiment de tous ceux qui mettaient la moindre rougeur de leur épiderme sur le compte de piqûres d’araignées, j’ai compris que les araignées sont bel et bien capables de mordre quand on les dérange en train de se taper un bon gros criquet. Moi que les surprises déstabilisent, cette surprise-là (la morsure soudaine et assez forte) m’a fait rire. Rire tout seul et un peu nerveusement, mais rire franchement, brisant le calme de la nuit. Moi qui aimais pouvoir aisément déceler dans le noir toute une vie par le biais des nombreux petits points brillants sur les chemins nocturnes, reflets de ma lampe dans les yeux des araignées – d’une seule espèce pour dire vrai -, moi, je continuerai à aimer ça. Et de m’y être frotté, et piqué, me pousse à vouloir plus encore les connaître, ces intrigantes.