Le pays – 15

23 octobre 2018

En terme de champignons, le cévenol ne jure peu ou prou que par le cèpe. Tous les autres spécimens de bolets sont pour lui des bombacabres (ce qui n’est bon qu’à être dégommé par les chèvres). Le reste, à l’exception peut-être des girolles, n’existe pour ainsi dire pas. Autant dire que la concurrence est limitée quand, comme moi, l’on ramasse tout ce que l’on sait simplement comestible pour faire du pâté végétal (et qu’on n’a peu de cèpes autour de chez soi). Ce qui ne lassera pas de m’étonner, c’est le peu d’intérêt pour les lépiotes, que personnellement j’estime au plus haut point. Plus fines au palais que les cèpes et pas glutineuses, elles emportent le morceau haut la main, mais je me garde bien de vouloir en convaincre le plus grand nombre quand j’ai l’opportunité d’en cueillir par dizaines dans des coins pourtant fréquentés.

Notons tout de même avec une pointe de dépit que celles qui ont, selon les canons en vigueur, tout pour séduire quand on les croise – taille fine et grand chapeau élégant – s’avèrent décevantes finalement par le poids qu’elles ont à offrir une fois le pied fibreux enlevé (que pour ma part je sèche et réduis en une poudre fort parfumée pour mon pâté). Leur grande classe ne survit pas à la cuisson, et c’est peut-être à force de laisser des estomacs frustrés que les belles ont perdu la renommée et l’attractivité que les livres de mycologie lui prêtent.

Activités du moment – 2

22 octobre 2017

Faire des conserves de coings, et de tomates, encore, un peu.

Récolter les patates tardives, celles qui donnent tant, qui me réjouissent.

Goûter la dernière choucroute en date.

Ne pas prendre la peine, vu le climat, de chercher des champignons. En chercher et en trouver tout de même un peu, dans un vallon humide.

Convoquer une journée solidaire pour tout arracher aux jardins, mettre paillages et résidus végétaux à composter, rouler les tuyaux en bobines, semer des engrais verts et les enfouir en griffant avec un outil tracté par l’âne.

Annuler la journée solidaire pour cause de pluie qu’on n’attendait plus. Mais qu’à tout prendre, on aurait attendu plus forte et plus longue. Et un jour plus tard.

Organiser un pot de bienvenue pour les nouveaux restaurateurs du village.

Caresser le chaton nouveau, orphelin recueilli dans les jardins. Lui trouver une ressemblance avec feu notre vieille chatte.

Tronçonner et fendre le premier bois de chauffage de la saison. Ne pas encore allumer de feu. Remettre à plus tard l’affûtage de la tronçonneuse.

Filtrer le vin de pêcher des feuilles qui y ont macéré depuis septembre.

Faire venir un vétérinaire pour les blessures aux pattes de l’âne que provoquent les insectes volants. Arriver à maîtriser le grand émotif souffrant, le temps d’une piqûre qui devrait pouvoir le soulager et le rendre à nouveau câlin.

Allumer, enfin, le premier feu de la saison et pester contre cette chaudière et tout le système, bien compliqués, et plus tout à fait en état d’être efficaces, et fort onéreux à remettre sur pied.