Dans le futur – 2

25 juillet 2018

La noblesse végétale est portée aux nues. On encense le perfectionnement de la manière d’être au monde des plantes, en interaction, aussi modeste et lente qu’idéale, avec les autres règnes, les éléments, le climat. On admire leur résilience, on les respecte plus que tout in fine. Et, in fine, et à de rares exceptions près, on a adhéré au parti pris dit légumiste, on s’est rangé derrière son idéologie, on a adopté ses pratiques. On ne mange plus de végétaux. Seulement de la viande, de la chair animale, des os, des boyaux, des carapaces, des embryons plus ou moins développés. Et avant tout, s’il vous plaît, de la chair humaine, produit comestible de cette sous-espèce arrogante qui, en ne pensant qu’à elle seule, c’est un comble, a créé pendant le XXème siècle et parachevé pendant le XXIème les conditions de son extermination quasi totale. Les survivants n’ont désormais pour but que de ne le demeurer le temps qu’il n’y en ait plus d’autres.