Le pays – 5

24 octobre 2017

À ma compagne, qui s’étonnait qu’on n’ait pas encore entendu de battue depuis l’ouverture de la chasse, le chasseur croisé au village, répondit que la raison en était qu’on leur avait demandé de ne pas exercer leur activité près de chez nous. Et, de fait, on leur avait demandé de bien vouloir ne pas le faire pendant les deux dernières semaines d’août, aux alentours de notre domaine, période à laquelle on accueille encore des campeurs. Jugeons que depuis lors ils nous punissent sans doute, en ne venant pas dégommer les sangliers de notre vallon, d’avoir osé formuler une demande, osé envisager une limite à leur toute puissance locale. Heureusement nous sommes moins punis qu’eux, qui perdent un terrain de jeu, tandis que pour nous, des clôtures efficaces seront toujours préférables à toutes les battues du monde, qui ne suffisent pas à endiguer la prolifération de ces créatures.