Jouissances – 4

10 juin 2018

Les ballots de foin, posés au bout des jardins, ont pris la pluie. Je les ouvre pour pailler les cucurbitacées. Dedans ça moisit, dedans c’est (légèrement) humide et (bien) chaud. Comme une compresse réconfortante à appliquer sur un bobo. Et ça sent encore fort le foin, odeur délicieuse dont je ne peux habituellement guère profiter à cause du rhume d’allergie qui l’accompagne. Ici, il semble que les moisissures et la température ont désamorcé à peu près le potentiel allergène de la chose. Aussi je puis la savourer doublement.

Souvenirs – 2

20 octobre 2017

Il m’avait enjoint, le maraîcher, pour ce premier essai au volant d’un tracteur, à rouler illico en troisième. Il a dû avoir peur, lui aussi, quand j’ai failli emboutir une de ses serres à bord de l’engin que je ne maîtrisais pas. Moi, sacrément échaudé, je n’ai plus touché de tracteur avant plusieurs années et en garde une crainte pas complètement infondée – surtout sur les terrains pentus du coin. C’est un souvenir du job d’été de mes 19 ans, en Bretagne, et c’est à l’occasion de ce séjour également que j’ai commencé à réagir aux plants de tomates. Si j’en crois mon homéopathe – qui évoquait ça il y a quelque temps lors d’une de ses sempiternelles explications digressives -, une allergie se déclenche à l’occasion d’un fort stress, et notre organisme en état d’alerte cherche un coupable dans son environnement (comme – tiens ! – un pollen qui passe par là) et le prend en grippe. Jusqu’à se mettre dans tous ses états lorsqu’il le rencontre de nouveau. Moralité : peur de l’accident (et colère contre le paysan) + taille probable de plants de tomates ce jour-là = cas unique d’allergie ? Ouvriers agricoles stressés de tous pays, témoignez-moi de votre expérience !