Le métier – 17

23 octobre 2018

J’avais entendu dire qu’il faut cinq ans pour véritablement s’installer en agriculture. Cinq ans pour galérer, en gros, avant que ça ne roule à peu près. Moi, j’ai eu beau reprendre une activité qui roulait déjà, c’était alors avec quelqu’un d’autre au volant, et je dois dire qu’une fois dans le fauteuil du conducteur, la loi des cinq ans, je n’y ai pas échappé. Pas tout à fait. Malgré les facilités, cela représentait un défi, cela engendrait de l’angoisse. L’angoisse a-t-elle disparue ? Certes non, mais une certaine confiance s’installe. Plus rien n’est un défi ? Oh que si – mes difficultés relationnelles sont persistantes -, mais c’est tout de même moins fréquent. C’est peut-être imperceptible dans le quotidien, mais un truc a décollé, un mouvement semble engagé que je ne songe plus à arrêter. Il n’y a qu’à l’accompagner. Et puis lever le nez, doucement, appréhender la route, envisager une direction à donner à tout ça…

Par exemple, ça me plaît de commencer à penser, depuis l’hiver dernier, par les coupes et le débroussaillement, au façonnage du paysage. J’aime ce partenaire qu’est la végétation en ce qu’elle m’offre comme gamme de possibilités et rythme mesuré. Des arbres poussent un peu partout. Libre à moi de les protéger, de les couper, d’attendre pour le faire plus tard ou pour finalement ne pas le faire. Il est bienvenu ce droit à l’attente. Il pose, rend patient, et il est propice au rêve, aux projections, il permet de s’approprier les choses doucement. C’est exactement ce dont j’ai besoin, et je sens déjà que ça porte ses fruits. Je me sens désormais clairement chez moi, et prêt à relever plus de défis que de coutume pour y demeurer.

Néanmoins, en cette période qui précède une absence prolongée, je commets une imprudence, sans doute, à me montrer si confiant. D’une part, il est à prendre en compte qu’une rupture de plusieurs mois dans mes activités mettra peut-être un peu à mal le subtil équilibre qui se dessine. D’autre part, je dois regarder en face qu’un peu effrayé par l’ailleurs, mais surtout par la coupure, j’idéalise peut-être le quotidien.

Tant pis, puisqu’il semble que je ne peux réagir autrement, et que de ne pas le faire n’aurait, de toute façon, aucun effet bénéfique à l’heure actuelle.

Le métier – 16

22 octobre 2018

Je me reposais, depuis la reprise de l’activité il y a six ans, sur l’idée que les animaux entretiennent peu ou prou (tiennent propres) les quelques hectares auxquels ils ont accès. J’avais beau constater que c’était loin d’être le cas (contrairement à un troupeau qui va ratisser tout ou presque du petit périmètre où on l’aura provisoirement cloîtré, ma poignée d’ovins sélectionne bien vite ses pâtures favorites et en oublie le reste – quitte à râler parce qu’il n’y a plus assez à manger sur son parcours habituel), il semble que je n’ai pas voulu voir à quel point la broussaille gagnait.

Voici que, l’expérience aidant, et certaines circonstances également (obligations légales de débroussaillement), ça me saute désormais au visage. Alors devant l’ampleur du travail et la crainte des incendies, j’engage depuis ce printemps les mesures nécessaires. Mesures qu’il me sera tout à fait impossible de mener à leur terme avant mon départ, et qui seront très probablement difficiles à reprendre à mon retour en mai, quand les retards et les urgences à propos des cultures et de la mise en place de la saison d’accueil m’accapareront.

Aussi semble-t-il que ce ne soit pas l’année la plus judicieuse pour cette escapade canadienne… À moins qu’au contraire, j’aie encore la capacité d’encaisser ce bouleversement avant que, trop conscient des besoins du lieu et de l’activité, et trop engagé à tout mettre en œuvre pour y répondre, je ne sache bientôt plus même envisager de m’en éloigner que quelques semaines, ou seulement quelques jours.

Le métier – 15

7 août 2018

Les rangs de cultures épousent la courbure des terrasses. Le dénivelé favorise les points de vue. Les fleurs y ont une place de choix… Qu’ils soient réussis ou pas, ils ont tout pour séduire, mes jardins. Voilà ce que disent les compliments de visiteurs qui n’ont pas vu ou pas daigné donner de l’importance aux plants malades ou rachitiques. Et après tout pourquoi ne m’en réjouirais-je pas ?

Le métier – 14

28 juillet 2018

Au fond, le fait d’annoncer faire la sieste provoque bien peu de sarcasmes. Nos visiteurs, en mode détente, n’en comprennent que trop bien l’intérêt. Mais ils sont nombreux à avoir à la bouche la question de l’heure de mon lever. Et je suis en vérité plutôt gêné de l’admiration qui est la leur quand je leur annonce me lever, et commencer à vaquer, au point du jour. Ah, comme elle a de beaux jours devant elle la valeur travail ! Le mien de travail, qui démarre à la fraîche et se fait au grand air, est pourtant tellement plus enviable que celui de tou-te-s celles et ceux qui se lèvent tout aussi tôt – ou plus – pour se fader une heure ou deux de transport avant d’être à pied d’œuvre. Décevrais-je mes interlocuteurs en avouant par ailleurs que je ne m’astreins à cette contrainte que deux mois sur douze, quand l’activité d’accueil m’oblige véritablement à remplir mes journées jusqu’à la gueule, quand aucune échappatoire n’est envisageable à ce qui contrarie ma fainéantise ?

Le métier – 13

16 juillet 2018

Est-ce parce qu’on part cet hiver que je prends bien les choses ? (Parce que ça me fait peur de quitter la ferme une demi-année pour expérimenter le froid canadien – et réexpérimenter la vie en ville – que j’apprécie plus fortement ce que je vais laisser ?)

Est-ce pour ça que je ne me formalise pas outre mesure du début de saison touristique particulièrement mou, du mildiou qui gagne les cultures, des vacanciers belges grognons qui n’ont pas anticipé la chaleur, de la joie idiote suscitée presque partout par la victoire de ma patrie lors de la grand-messe footballistique, de la dernière panne de téléphone qui nous complique le travail, des sangliers qui se moquent de la toute nouvelle clôture comme de leur premier bain de boue, des visiteurs qui s’assoient sur nos heures d’accueil, perturbant notre organisation au cordeau…?

Ou bien est-ce que je prends juste de la bouteille et que ma petite expérience des problèmes surmontés m’enjoint à ne pas me rendre malade, me signale qu’il n’y a pas péril en la demeure ?

Voilà qui serait une sacrée bonne nouvelle en vérité pour le soucieux certifié que je suis.

Le métier – 12

9 juillet 2018

Quand le système D règne en maître, l’on se trouvera, pour réparer quelque chose qui avait déjà été réparé, à devoir détruire tout ou partie de la précédente réparation – qui aujourd’hui constitue plus un obstacle au bon fonctionnement des choses qu’un atout – voire plus encore que ça, de fil élimé par le temps en aiguille rouillée hors d’usage. Le dernier rafistolage avait sans doute été conçu dans l’idée qu’il ne puisse être que l’ultime opportunité de faire durer l’objet et de ce fait pas pensé pour être aisément démantelé. Aussi, forcément, à m’efforcer aujourd’hui de tout faire pour pouvoir profiter encore un peu du service procuré par la chose, je peste contre le précédent bricoleur qui a mis sa patte au schmilblick… Tout en ne prenant pas vraiment la peine de faire du meilleur travail, soit quelque chose qui ne mette pas nécessairement le prochain réparateur dans le caca. Pas le temps. Et puis qui peut croire que cette affaire s’éternisera ? La fin est proche, j’en jurerais. Et si je suis celui qui tentera encore un sauvetage dans quelques années, je n’aurai cette fois à m’en prendre qu’à moi-même quant à la quasi-impossibilité de le faire qui sera très certainement opposée à ma volonté économécolo… Mais pas sûr que cette idée me console véritablement alors.

(Ici et maintenant, c’est une charnière de la porte de la caravane louée aux vacanciers qui nous préoccupe.)

Le métier – 11

13 juin 2018

Il y a eu l’année où les sangliers ont bouffé tout un rang de salades. Ça me rendait malade de devoir servir pendant un temps aux hôtes de la table des laitues achetées, aux formes banales et à la saveur standard, toutes bio qu’elles étaient.

Il y a eu l’année où les melons ont chopé une saloperie, et l’ont transmise au rang de courges adjacent. Il a fallu passer l’été à leur couper les feuilles à mesure que la maladie les gagnait.

Il y a eu l’année où j’avais placé les concombres en bout de rang. L’arrosage par tuyaux micro-poreux, qui se fait moins généreux au bout de 40 ou 50 mètres, les a rendus amers, et les amateurs de chair douce, croquante et aqueuse (dont je suis), s’en sont trouvés fort désappointés.

Il y a eu l’année où j’ai acheté des tomates pour faire nos conserves parce que les araignées rouges étaient en train de décimer ma plantation. Et puis il a bien plu et elles ont disparu. J’ai eu une récolte d’automne finalement plus qu’honorable.

Il y a eu l’année (n’était-ce pas la même ?) où mon fournisseur de plants d’oignons les avait ratés. Je me suis rabattu en catastrophe sur l’usine à plants bio de la région. J’ai eu mes plants tard, et petits. Même en repoussant la récolte aussi tard que possible, une grande partie avait encore bien de la fane, qui n’a pas pu sécher correctement ensuite.

Il y a eu l’année dernière, dont j’ai déjà un peu évoqué l’été mouvementé, qui a finalement été principalement nuisible aux poivrons.

Il y aura cette année, et impossible de savoir ce qu’elle nous réserve, à admirer le jardin naissant, relativement similaire – à quelques jours et quelques nuances près – à un bébé jardin des autres années.

(Mais, c’est quoi ces taches sur les plants de concombres ?… Et de patates ??)

Le métier – 10

10 juin 2018

À pailler les cultures, je me sens comme un père qui borde ses enfants, qui leur offre là une des conditions nécessaires à leur croissance : le maintien de l’humidité et la limitation de la levée des adventices offrirait aux plantes autant que ce que le sommeil réparateur procure aux enfants. Aussi le spectacle des cultures mulshées a-t-il quelque chose de tranquillisant.

Cette année pourtant me voit un peu moins tranquille… L’automne et le début d’hiver secs m’ont obligé à nourrir plus que de coutume mes animaux : au lieu de brouter et de glaner durant cette période quasi exclusivement au hasard de leurs 4 hectares de parcours, ils ont consommé du foin, ce foin que je destinais à devenir paillis dans mes jardins, et que je garde aujourd’hui pour mes bêtes (car il me reste des ballots, marge de sécurité oblige), n’ayant pas encore trouvé l’adresse où m’en fournir à hauteur de mes besoins pour l’année. Retour aux fondamentaux, je paille donc avec de la paille de céréales, matière très carbonée que j’avais décidé de ne plus guère utiliser à cet escient, relativement à cette propriété qui peut générer une faim d’azote, contrariant la pousse et la productivité des végétaux.

Voilà que je me sens un peu père indigne, voilà pourquoi le séduisant panorama de tiges et de feuilles vertes, pointant, ostensibles, du couvert jaune pâle, ne me réjouit pas tout à fait.

Le métier – 9

7 mai 2018

Le paysan attend. Il attend que le temps soit propice à ce qu’il veut faire. Il attend que ça pousse. Il attend un an pour mettre en application une leçon que son activité lui a prodiguée, quand elle est rattachée au cycle du vivant. Il attend d’avoir fini une tâche pour pouvoir en réaliser une autre qui lui est liée. Il attend la prochaine sortie courses en ville pour pouvoir acheter de quoi bricoler quelque chose…

Moi, j’aime pas attendre. Mais il y a toujours quelque chose à faire en attendant. Et en attendant, ainsi, souvent, le paysan oublie ce qu’il devait faire d’autre, ou ne parvient pas à s’ôter de la tête la liste d’attente quand elle est trop longue.

La longue liste décourage parfois de faire. Si on la laisse enfler démesurément, l’attente se fait encore moins tolérable. On ne sait plus que parer aux urgences, quitte à s’en fabriquer de plus ou moins crédibles pour ne pas regarder en face ce qui pourrit à trop attendre qu’on cesse d’attendre. C’est là que je perds parfois un peu pied, le temps d’un micro burn-out qui me sèche pour un jour ou deux. Pour repartir du bon pied et du cerveau bien disposé, il arrivera que je purge volontairement la liste d’attente de quelques tâches, remises alors aux calendes grecques, histoire tout de même de ne pas s’avouer complètement vaincu à leur sujet.

Le métier – 8

18 février 2018

Privilège, sans doute, d’une époque où elles nous facilitent grandement la vie dans bien des domaines, je me permets d’haïr cordialement les machines. Persuadé au passage qu’elles me le rendent bien, en se permettant des soucis et des pannes iconoclastes qui défient toute logique apparente, voire divisent les spécialistes. Spéciale dédicace, présentement, à la parabole pour internet et à son modem, au moulin à céréales… Et à ma chaudière à bois, meilleure ennemie pour toujours ?

Tour à tour je rêve de n’avoir rien à faire avec les machines et je fantasme de mieux les connaître pour comprendre leurs états d’âme. In fine, je me réfugie dans les histoires pour oublier mon manque d’ambition à me passer de la technique (téméraire) ou à l’étudier (laborieux).

Le métier – 7

6 février 2018

Quittons le pays de la récolte des algues, de la culture de l’artichaut et surtout du chou-fleur à perte de vue, pour retrouver la verdure qui est la mienne sur mes 2000 m2 de jardinage professionnel. Oublions un certain hangar aux 10 tracteurs clones, et glissons la main dans la fourrure d’hiver de ma machine agricole nourrie au foin. Pensons encore un peu à cette flore – et ces agriculteurs – sans vrai repos sous le climat tempéré du bord de mer, et jouissons ici que les plantes soient encore endormies pour me laisser à moi, paysan un peu fainéant, le temps d’atterrir.

Le métier – 6

21 décembre 2017

À la Mutualité Sociale Agricole, une affiche prévient : si les employés sont à notre écoute, cela ne signifie pas qu’il puissent tout entendre ; halte aux incivilités ! Et dans les couloirs, elle raconte quoi la léthargie des allées et venues traînantes du personnel ? Le simple ennui ou la fréquence de ces incivilités, qui terrasse ? Les objectifs fixés par la direction (que les salariés savent inatteignables ou immoraux) ? Le porte-à-faux entre une administration en mode dématérialisation dont ils doivent se faire le relais, et des assurés plutôt perdus et bien souvent remontés (à juste titre) ? Qu’en saurai-je jamais ?

Moi j’ai rendez-vous avec la perle rare, celui qui arrive vers moi d’un bon pas, qui répond à toutes mes questions avec franchise et rigueur. Et avec le sourire. Celui qui ne compte pas son temps. Celui qui conseille pertinemment, jusqu’à plaider pour un peu de triche quand il en va du simple fonctionnement d’une activité. Celui qui a décidé de prendre son travail à bras le corps, en toute humanité, et qui semble-t-il en retire toute satisfaction. La perle rare je vous dis. Déjà plus rare qu’il y a cinq ans, quand je l’avais rencontré dans les bureaux de la ville à une heure de chez moi. Ces bureaux se trouvant désormais fermés aux visites, j’ai dû rouler plus d’une heure trente, jusqu’à une ville plus grande. Et dans cinq ans, si je devais le revoir… Son hologramme dans mon bureau ?

Le métier – 5

7 décembre 2017

Je coupe des arbres. Des pins laricios ou maritimes, trop nombreux aux environs (facteurs d’acidification des sols, brasier incontrôlable potentiel en cas de départ de feu) et qui alimenteront la chaudière de la maison dans deux ou trois ans.

Comme il m’est bon, toujours, de me voir faire avancer le travail. Et à plus forte raison lorsqu’il s’agit de ces tâches d’hiver que j’ai tendance à repousser (coupes, tailles, constructions, réparations, études, projections…). Celles que je peux faire aussi bien demain que dans un mois, et que je me retrouve, à force de remises à plus tard, à exécuter en catastrophe quand le printemps fait ses premiers clins d’œil. Ou que je ne fais pas du tout in fine. Pas cette année.

C’est bon de travailler, d’agir sur le bon déroulement des choses, de petit à petit donner corps à un projet, une vision. Et si j’y travaillais plus en hiver, pour sûr, je la verrais se concrétiser plus vite cette projection, et j’aurais plus confiance, à force, en mes capacités, et j’en redoublerais d’ardeur à la tâche ; cercle vertueux.

Oui, mais je me targue de vouloir créer. Je prétends la chose indispensable à mon équilibre. J’attends d’ailleurs l’hiver avec impatience car le temps me manque le reste de l’année. Et l’hiver arrivant, je repousse également un temps la chose, ne sachant plus vraiment par quel bout la prendre, et privilégiant la lecture, les films, et les micro-tâches qui ne demandent que peu d’implication, mais prennent parfois bien du temps quand on se le donne.

Je revendique un besoin de création mais j’ai avant tout besoin d’expression. Une expression juste, la plus fidèle possible à mon univers intérieur, et à laquelle je sais ne pas pouvoir prétendre par la parole, ou très rarement. Je tente de concilier création et expression, privilégie cela à des productions plus fantaisistes, et voit chaque année également à ce propos arriver le printemps, pétri de regrets quant à toutes les ébauches narratives qui se bousculent sous mon crâne ou traînent, griffonnées sur un bout de papier. Et dont le destin, pour la plupart, est de n’aboutir jamais à rien de concret.

Il me faut alors me souvenir du temps où je ne me donnais à faire que ça, de la création. Cette époque où je vivais en ville, où je ne gagnais pas ma vie, où je ne donnais pas de mon temps pour la communauté, et où je n’aboutissais pas plus de projets, relativement à la surabondance d’idées – toutes plus transcendantes les unes que les autres ! – qui me possédaient. De fait, la frustration en la matière était la même, et sur le reste je ne peux que constater qu’aujourd’hui je me sens plus en vie.

Le métier – 4

15 octobre 2017

Voilà presque cinq ans que je note, jour après jour, presque sans défaut, mes activités dans des petits agendas. Comme un vrai paysan. Peut-être qu’aujourd’hui je n’ai plus besoin de ça pour me sentir paysan, pour m’assumer paysan. Peut-être que j’en ai juste marre. Aussi je laisse inachevé, à deux mois et demi de la fin de l’année, le cinquième volume des formidables aventures du témoignage de mon quotidien factuellement consigné.

Le métier – 3

20 septembre 2017

La récolte de champignons sauvages est une partie de mon travail. En vacances m’accompagne le séchoir au cas où mes promenades soient des occasions de quelque trouvaille fongique. Le travail s’incruste dans les congés, de manière un peu perfide : s’il n’est jamais, au grand jamais, ennuyeux d’arpenter les sous-bois et les prés à leur recherche (et encore moins en vacances où l’on découvre de nouveaux paysages), le moment de nettoyer les champignons, quand cela le nécessite, s’impose clairement aux dépens d’une activité plus désirable. Mention spéciale ici aux lactaires délicieux, souvent délicieusement craouettes, et qui troquent au séchage, qui plus est, leur croquant et leur sublime jus orange vif contre une noirceur insipide tout à fait décourageante (préférer la stérilisation).