Dans le futur – 2

25 juillet 2018

La noblesse végétale est portée aux nues. On encense le perfectionnement de la manière d’être au monde des plantes, en interaction, aussi modeste et lente qu’idéale, avec les autres règnes, les éléments, le climat. On admire leur résilience, on les respecte plus que tout in fine. Et, in fine, et à de rares exceptions près, on a adhéré au parti pris dit légumiste, on s’est rangé derrière son idéologie, on a adopté ses pratiques. On ne mange plus de végétaux. Seulement de la viande, de la chair animale, des os, des boyaux, des carapaces, des embryons plus ou moins développés. Et avant tout, s’il vous plaît, de la chair humaine, produit comestible de cette sous-espèce arrogante qui, en ne pensant qu’à elle seule, c’est un comble, a créé pendant le XXème siècle et parachevé pendant le XXIème les conditions de son extermination quasi totale. Les survivants n’ont désormais pour but que de ne le demeurer le temps qu’il n’y en ait plus d’autres.

Dans le futur – 1

5 avril 2018

Deux clans se forment chez les sangliers. La première de ces deux tribus pactise avec les humains pour ne plus avoir à redouter de battues traumatisantes ou fatales. La deuxième tribu est persécutée de plus belle. Qu’un paysan ait à creuser une tranchée pour y enterrer du grillage, et il peut compter sur des groins alliés pour l’y aider considérablement. Leur aide à la confection d’une clôture destinée à arrêter leurs frères ennemis est très appréciée des humains. Il peut être demandé également aux sangliers de travailler superficiellement le sol des parcelles cultivables, ou, plus en profondeur, celui d’un terrain envahi par les fougères. Satisfaits de ces bonnes relations, certains humains n’hésitent plus à faire fi de la barrière des espèces et à exiger des droits proches des leurs pour ces partenaires à poils qui ont su se rendre aimables.