En nature – 8

10 novembre 2018

C’est ce qu’à l’inverse d’une plantation d’arbres rectiligne, on appelle une forêt.

C’est une forêt, certes, qui de loin fait des paysages bien monotones. C’est une forêt faite d’une essence – le pin maritime – qui acidifie les sols. C’est une forêt vulnérable aux incendies. C’est un vestige malheureux de l’époque des mines de charbon qui, alliées à la déprise agricole, ont favorisé la colonisation des montagnes par ce résineux – qui était planté pour élaborer le soutènement des galeries.

Mais c’est une forêt, et sous les houppiers haut perchés des pins, poussent, vivent, vivotent, attendent leur heure, selon les endroits et la luminosité (l’âge des pins), un peu d’herbe, des bruyères, des cades, des fougères, des filaires, des arbousiers, des chênes, des châtaigniers…

C’est une forêt que j’aime arpenter en automne, à la recherche de champignons. À ces occasions, la pluie n’est pas désagréable, une chute de grêle est une vraie bonne surprise et le soleil qui pointe après dessine un moment de grâce. Et même quand le temps reste à la pluie des jours durant, l’on peut jouir du contraste forestier des troncs des pins, noirs d’humidité, et des feuilles jaune vif des petits châtaigniers, sur fond rouge ocre de tapis d’aiguilles et de fougères en fin de vie. Le vert des houppiers en arrière-plan semble être tout revigoré à son tour de cette association chromatique opportune.

Auteur : zazar

Après des études dédiées à l’illustration et quelques années de pratique de la bande dessinée, je me réinstalle fin 2008 sur la petite ferme écolo (en AB et sous mention Nature et Progrès) où j’ai grandi, dans les Cévennes. Mes parents y avaient élu domicile en 1973, achetant alors une ruine et un terrain envahi par les pins. 40 ans plus tard, ils peuvent me léguer un lieu habitable, vivant, agréable… Une petite oasis de verdure isolée au cœur d’une forêt plutôt aride, et un outil de travail efficient – quoiqu’un peu brinquebalant. Ainsi, en 2013, je reprends officiellement l’activité agricole de mes illustres géniteurs qui ont déménagé dans la bourgade avec services la plus proche. Je suis accompagné par ma compagne dans nos activités de cultures (fruits et légumes), de petit élevage, de valorisation de ces productions en cuisine (dans des foires bio et à la ferme) et d’Accueil Paysan en camping et chambres. Une bande dessinée dédiée à nos premières années paysannes, le « Carnet de Cambrousse », est à paraître. Le JOURNAL PAYSAN, lui, tout de texte, et sans doute plus intime, prend la suite de la BD, mais peut s’appréhender sans l’avoir lue. J’ai 37 ans quand je le démarre, le 8 avril 2017.