En nature – 6

23 septembre 2018

Le premier jour officiel de l’automne va, semble-t-il, donner le signal de la fin de la chaleur estivale : le vent devrait demain nous faire perdre une dizaine de degrés. Mais aujourd’hui c’est encore l’été, le vrai, le bien chaud. Je descends à la rivière avec ma compagne avant qu’il ne soit trop tard pour espérer s’y tremper avec entrain.

J’ai coutume de dire aux vacanciers – fascinés par la beauté sauvage du cours d’eau – que je ne tiens plus particulièrement à m’y baigner, que j’en ai en quelque sorte épuisé le potentiel étant enfant. Pourtant je crois que j’aurais regretté de ne pas y nager au moins une fois cette année, de ne pas convoquer un instant mon enfance en pataugeant – vite fait – au fond de la vallée, seul avec la femme que j’aime, seuls avec la nature. C’est pas si fréquent à si peu de pas.

Les tempêtes de neige du nord de l’Amérique du Nord n’ont pas vocation à m’éloigner plus des baignades en vasques dans les rochers que ne le fait déjà l’hiver français, mais il n’était visiblement pas si évident de m’en convaincre aujourd’hui.

Auteur : zazar

Après des études dédiées à l’illustration et quelques années de pratique de la bande dessinée, je me réinstalle fin 2008 sur la petite ferme écolo (en AB et sous mention Nature et Progrès) où j’ai grandi, dans les Cévennes. Mes parents y avaient élu domicile en 1973, achetant alors une ruine et un terrain envahi par les pins. 40 ans plus tard, ils peuvent me léguer un lieu habitable, vivant, agréable… Une petite oasis de verdure isolée au cœur d’une forêt plutôt aride, et un outil de travail efficient – quoiqu’un peu brinquebalant. Ainsi, en 2013, je reprends officiellement l’activité agricole de mes illustres géniteurs qui ont déménagé dans la bourgade avec services la plus proche. Je suis accompagné par ma compagne dans nos activités de cultures (fruits et légumes), de petit élevage, de valorisation de ces productions en cuisine (dans des foires bio et à la ferme) et d’Accueil Paysan en camping et chambres. Une bande dessinée dédiée à nos premières années paysannes, le « Carnet de Cambrousse », est à paraître. Le JOURNAL PAYSAN, lui, tout de texte, et sans doute plus intime, prend la suite de la BD, mais peut s’appréhender sans l’avoir lue. J’ai 37 ans quand je le démarre, le 8 avril 2017.