Fils de – 5

17 juin 2018

Mon père m’aide à bricoler, à construire, et je me repose sur son expertise, je relâche la tension un instant. Puis vient désormais inévitablement le moment où j’ai à contredire cette expertise et où je n’ose le faire, ou n’ose pas insister quand je me heurte à la contradiction – même molle -, trop confortablement installé dans mon fauteuil de suiveur. Que la suite du travail, ou ses conséquences, valide mon appréciation, et me voici à me promettre d’assumer mon savoir-faire et mon sens de l’observation à l’avenir. Mais mon père affirme quand je ne sais pour ainsi dire qu’émettre des hypothèses plus ou moins charpentées : voilà qui ne favorise guère l’expression d’un point de vue de ma part.

Auteur : zazar

Après des études dédiées à l’illustration et quelques années de pratique de la bande dessinée, je me réinstalle fin 2008 sur la petite ferme écolo (en AB et sous mention Nature et Progrès) où j’ai grandi, dans les Cévennes. Mes parents y avaient élu domicile en 1973, achetant alors une ruine et un terrain envahi par les pins. 40 ans plus tard, ils peuvent me léguer un lieu habitable, vivant, agréable… Une petite oasis de verdure isolée au cœur d’une forêt plutôt aride, et un outil de travail efficient – quoiqu’un peu brinquebalant. Ainsi, en 2013, je reprends officiellement l’activité agricole de mes illustres géniteurs qui ont déménagé dans la bourgade avec services la plus proche. Je suis accompagné par ma compagne dans nos activités de cultures (fruits et légumes), de petit élevage, de valorisation de ces productions en cuisine (dans des foires bio et à la ferme) et d’Accueil Paysan en camping et chambres. Une bande dessinée dédiée à nos premières années paysannes, le « Carnet de Cambrousse », est à paraître. Le JOURNAL PAYSAN, lui, tout de texte, et sans doute plus intime, prend la suite de la BD, mais peut s’appréhender sans l’avoir lue. J’ai 37 ans quand je le démarre, le 8 avril 2017.