Plantes, compagnes – 1

7 juin 2017

Celles qui piquent.

Le févier d’Amérique, arbre aux touffes d’épines monumentales, offre néanmoins ombre et cosses charnues au bétail. Un feuillu qui se plaît sur nos sols pauvres et peu profonds, c’est une aubaine. Et ça crée de l’humus, et le sol s’enrichit, l’eau y est mieux gardée, l’arbre n’en est que plus beau.

Le yucca, qui craint moins que toutes l’aridité, s’est fait une place de choix en barrières naturelles, et exhibe fièrement aux saisons pas trop sèches, ses hampes de grosses clochettes immaculées pour faire mentir les voix qui le disent austère. On déguste les fleurs avec salade ou en soupe épicée.

La ronce, envahissante jusque dans les jardins en terrasses, où sa présence dans les murets lui garantit une implantation durable, à l’abri de mes tentatives de déracinement. Les ronciers font également de belles barrières naturelles çà et là – garnies de mûres à la saison – dans lesquelles les sangliers font tout naturellement des trouées pour y passer.

L’ortie, la bonne, l’utile, dont on fait partout l’éloge, qu’on a eu en quantité par le passé et qui a reculé. Elle nous manque un peu la précieuse.

Auteur : zazar

Après des études dédiées à l’illustration et quelques années de pratique de la bande dessinée, je me réinstalle fin 2008 sur la petite ferme écolo (en AB et sous mention Nature et Progrès) où j’ai grandi, dans les Cévennes. Mes parents y avaient élu domicile en 1973, achetant alors une ruine et un terrain envahi par les pins. 40 ans plus tard, ils peuvent me léguer un lieu habitable, vivant, agréable… Une petite oasis de verdure isolée au cœur d’une forêt plutôt aride, et un outil de travail efficient – quoiqu’un peu brinquebalant. Ainsi, en 2013, je reprends officiellement l’activité agricole de mes illustres géniteurs qui ont déménagé dans la bourgade avec services la plus proche. Je suis accompagné par ma compagne dans nos activités de cultures (fruits et légumes), de petit élevage, de valorisation de ces productions en cuisine (dans des foires bio et à la ferme) et d’Accueil Paysan en camping et chambres. Une bande dessinée dédiée à nos premières années paysannes, le « Carnet de Cambrousse », est à paraître. Le JOURNAL PAYSAN, lui, tout de texte, et sans doute plus intime, prend la suite de la BD, mais peut s’appréhender sans l’avoir lue. J’ai 37 ans quand je le démarre, le 8 avril 2017.